Marche à l’ombre

Quand l’ baba cool cradoque
Est sorti d’ son bus VolksWagen
Qu’il avait garé comme une loque
Devant mon rad’
J’ai dit à Bob qu’était au flip
Viens voir le mariole qui s’ ramène
Vise la dégaine
Quelle rigolade
Patchoulli patogasses
Le Guide du Routard dans la poche
Aré Krishna à mort
Cheveux au henné
Oreilles percées
Tu vas voir qu’à tous les coups
Y va nous taper cent balles
Pour s’ barrer à Khatmandou
Ou au Népal
Avant qu’il ait pu dire un mot
J’ai chopé l’ mec par le paletot
Et j’ ui ai dit
Toi tu m’ fous les glandes
Pis t’as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d’ là t’es pas d’ ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l’ombre
Une p’tite bourgeoise bécheuse
Maquillée comme un carré d’as
A débarqué dans mon gastos
Un peu plus tard
J’ai dit à Bob qu’était au flipp’
Reluques la tronche à la pouffiasse
Vises la culasse
Et les nibards
Collants léopards homologués chez SPA
Monoï et Challimard
Futal en skaï comme Travolta
Qu’est ce qu’è vient nous frimer la tête
Non mais ess’ croit au Palace
J’ peux pas sacquer les starlettes
Ni les blondasses
Avant qu’elle ait bu son cognac
J’ l’ai chopée par le colback
Et j’ui ai dit
Toi tu m’ fous les glandes
Pis t’as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d’ là t’es pas d’ ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l’ombre
Un p’tit Rocky bargeo
Le genre qui s’est gouré d’ trottoir
Est v’nu jouer les Marlon Brando
Dans mon saloon
J’ai dit à Bob qu’avait fait tilt
Arrête j’ai peur c’est un blouson noir
J’ veux pas d’histoires
Avec ce clown
Derrière ses pauvr’ Raybane
J’ vois pas ses yeux
Et ça m’énerve
Si ça s’ trouve i’ m regarde
Faut qu’il arrête sinon j’ le crève
Non mais qu’est ce que c’est qu’ ce mec
Qui vient user mon comptoir
L’a qu’à r’tourné chez les Grecs
Se faire voir
Avant qu’il ait bu son viandox
J’ l’ai chopé contre l’ juke-box
Et j’ui ai dit
Toi tu m’ fous les glandes
Pis t’as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d’ là t’es pas d’ ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l’ombre
Pis j’ me suis fait un punk
Qu’avait pas oublié d’être moche
Et un intellectuel en Loden genre Nouvel Obs’
Quand Bob a massacré l’ flipper
On n’avait plus une tune en poche
J’ai réfléchis
Et j’ me suis dit
C’est vrai que j’ suis épais
Comme un sandwich SNCF
Et qu’ demain j’ peux tomber
Sur un balaise qui m’ casse la tête
Si c’ mec là me fait la peau
Et que j’ crève la gueule sur l’ comptoir
Si la mort me paye l’apéro
D’un air vicelard
Avant qu’è m’emmène voir la haut
Si y’a du monde dans les bistrots
J’ui dirait
Toi tu m’ fous les glandes
Pis t’as rien à foutre dans mon monde
Arraches toi d’ là t’es pas d’ ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l’ombre
Casse toi tu pues
Et marche à l’ombre
Casse toi tu pues


New-York avec toi

Un jour j’irai à New-York avec toi
Toutes les nuits déconner
Et voir aucun film en entier, ça va d’soi
Avoir la vie partagée, tailladée
Bercés par le ronron de l’air conditionné
Dormir dans un hôtel délaté
Traîner du côté gay et voir leurs corps se serrer
Voir leurs cœurs se vider et saigner
Oui, saigner
Un jour j’irai là-bas
Un jour Chat, un autre Rat
Voir si le cœur de la ville bat en toi
Et tu m’emmèneras
Emmène moi !
Un jour j’aurai New-York au bout des doigts
On y jouera, tu verras
Dans les clubs il fait noir, mais il ne fait pas froid
N ne fait pas froid si t’y crois
Et j’y crois !
Les flaques de peinture sur les murs ont parfois
La couleur des sons que tu bois
Et puis c’est tellement grand que vite on oubliera
Que nulle part c’est chez moi, chez toi
Chez nous quoi !
Un jour j’irai là-bas
Un jour Chat, un autre Rat
Voir si le cœur de la ville bat en toi
Et tu m’emmèneras
Emmène-moi, mène-moi (x2)
Toucher à ci, toucher à ca
Voir si le cœur de la ville bat en moi
Et tu m’emmèneras !
Emmènes moi !

Derrière ton sourire
Je vois les larmes que tu cherches à cacher.
Et quand elles sortent,
Tu ne veux pas les voir.
Tu les ignores.

Je te prends dans mes bras
Quand tu te trouves moche,
Quand tu te trouves inintéressante,
Quand tu te sens incapable de tenir tête à ton chef.

Quand tu écoutes mes conseils,
Je sais que tu devrais être celle qui parle
Et non celle qui écoute.
Derrière l’admiration que tu as pour moi,
Je vois ton désespoir.

Tu veux que je te fasse rire
Et que je raconte mes histoires drôles,
Pour que tu puisses continuer à sourire.
C’est ce que je fais, je parle
Mais je parviens aussi à voir.

Tu vas tellement mal
Que tu n’as plus assez de confiance en toi pour dire ce qui ne va pas.

Tu écoutes les conseils des autres,
Comme s’ils savaient mieux que toi.
Tu écoutes tout ce qu’ils disent,
Mais ne dis pas ce que tu as à dire.
Tu suis leur avis et approuves.
Tu n’as pas de voile sur les cheveux,
Ton voile est au fond de tes yeux.

J’aimerais que tu arrives à demander de l’aide,
J’aimerais pouvoir t’écouter,
J’aimerais que tu cesses de t’enrouler dans un voile invisible
Qui altère ta perception de la réalité.
Je sais qu’autrefois tu étais forte,
Je sais que tu étais un des meilleurs orateurs.

J’aimerais que tu voies que ton mari ne t’aide pas,
Il se sent supérieur parce que ton moral est au plus bas ;
Il se sent supérieur car il peut décider de tout pour la famille
Avec ton consentement admiratif,
N’acceptant plus le moindre début de critique venant de ta part.

J’aimerais pouvoir t’aider,
Mais tu ne me demandes pas d’aide,
Et j’ai besoin de tes confessions pour pouvoir t’aider.

Au moins, j’aimerais
Pouvoir te dire d’aller voir un psychiatre
Et une consultation couple.

Je me sens coupable
D’être ton amie
Et de devoir me taire.

Aurianne Or

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