A la tête du parc automobile de la ville,

J’ ai une place bien payée.

De toute façon, tout le monde le fait,

J’aurais tort de m’e passer.

Je suis même pas sous pression financière,

J’suis juste fier d’être un bon fiston.

Mais je sais au fond,

Que je ne suis pas à ma place.

La mécanique, j’ai beau m’y intéresser; 

J’suis obligé de sous-traiter.

Et je reste dans mon petit bureau,

Je reste à ma place. 

Ils peuvent ouvrir ou fermer les postes;

Je suis à leur merci;

Je fais ce qu’ils me disent, 

Pour garder ma place.

De toutes façons, 

J’y connais rien.

Mon piston me rend malade

Car je sais qu’au fond,

Je ne maîtrise rien,

Est-ce qu’ils me font faire des choses bien?

Est-ce que je ne suis plus que presque rien ?

Je suis sous pression,

Mais je sais que je ne trouverai rien ailleurs,

J’y connais presque rien,

… Pas compétent, quoi!

De toute façon c’était dans le mot

Un coup de pouce en échange de pression;

Le piston, quoi!

J’ai peur de décevoir ma maman,

J’ai peur d’être moi-même.

Alors je préfère l’imiter 

Et obéir à mes chefs

Les yeux fermés.

Comme ça ils disent que je fais bien. 

Mais le bien qui est en moi

N’est pas le même.

Si j’avais trouvé ma vraie place

Je n’aurais pas besoin de leur appui.

Oserais-je ouvrir les portes

Vers l’avenir qui me ressemble ?

Me faire remarquer plutôt que remorquer.

Qui m’acceptera quand j’oserai être moi?

Est-ce que je peux réussir en faisant ce que j’aime?

En ayant moi-aussi des moments 

Sans argent ?

Je veux être fier de mes actions

Fier de faire ce que je sais être bien.

Être bien dans ma peau,

Comme ces amis que je côtoie parfois.

Leur route a été plus dure;

Mais ils ont osé dire non

à la pression du piston.

C’est décidé:

Je vais dire non.

Aurianne Or