La solitude en clé de sol

Seul
Seule
La clé
Le sol
Et moi
Tout seul
Une seule clé

Les autres
Les familles
Les amis
Les clubs

Rien à faire
Allez, je fais ce qu’il y a à faire
Sans le cœur
Les courses
Seul au milieu des autres
La cuisine
A quoi bon si c’est que pour moi
Le ménage
Ça, ça rend terriblement seul
Pas de bazar
J’ai déjà rangé quinze fois
Plus de télé
Je connais tous les programmes
Lire
C’est dur de se concentrer
Et personne à qui raconter ce qui m’a plu
Et les musées, quand on n’a rien à dire
Le silence
C’est lassant
Je survis

Je prépare tout
Pour quand il y aura des gens
Mon appartement ultra rangé me déprime
Je ne peux blâmer personne
Je suis seul
C’est moi qui l’ai rendu nickel
C’est moi qui contrôle tout
La clé de sol est bien là, mais il n’y a rien sur la portée.

Sur le sol
Roule mon xylophone
Je joue seul
Des airs de fêtes
Et une fois par semaine
Je vois mon prof
Il me propose de participer à un petit orchestre
Deux heures par semaine
Je ne suis plus seul
Mais j’ai quand même la tête dans le guidon
Je les écoute d’une oreille distraite
Et me fais reprendre par le chef d’orchestre

Le soir, il y a bien des activités
Club échec, théâtre ou bistrot
Mais pas le resto, tout seul, c’est blême
Par contre, en journée, il n’y a personne
Et pas d’activités
Rien à faire
Que des choses
Seul
Si je restais sous la couette
Au moins, j’aurai un contact physique
Qui m’enveloppe

Heureusement que j’ai Sol
Mon petit chien que je promène
Ça me réjouis de le voir si vivant
Profitant de chaque instant
Vivant à fond
Il rencontre d’autres chiens
Et moi d’autres maîtres
On s’échange quelques banalités

Mais pourquoi suis-je seul ?
Parce qu’Hollywood et la télé
Nous vendent des relations amoureuses
A consommer puis à jeter ?
Parce que j’ai trop peur de m’engager ?
Parce que je cherche une relation trop parfaite ?
Parce que j’accepte des relations trop mauvaises ?
Parce que je suis malade et que personne ne veut d’un malade ?
Je n’ai personne à qui en parler
Je suis seul
Toutes ces questions tourbillonnent dans ma tête
Des monologues de dialogues
Tournent comme des chevaux sur un manège
Ensembles et seuls en même temps
Identiques mais avec des différences

En tous cas, la solitude
C’est bon pour la consommation
Un logement par personne
Un tire-bouchon
Un casse-noix
Une passoire
Un lit
Une voiture
Un buffet par personne
Un objet par personne
Même le cœur devient une chose :
Une simple pierre

Pourquoi je les ai quittés ?
Pourquoi je les ai laissés partir ?
Certains sont plus heureux seuls
Mais moi, ça me rend triste
Est-ce que quelqu’un sera capable de m’aimer ?
Est-ce que je pourrai laisser quelqu’un entrer
Ne serait-ce qu’un peu ?
Est-ce que je saurai le garder ?
Des fois, je n’ose pas dire ce que je pense à mes amis
J’arbore un sourire lumineux
Et j’adopte leurs idées pour être sûr
De les revoir
Une heure par-ci
Une demi-heure par-là

Dans une famille on partage
La solidarité

Je veux partager
Ces biens à consommer et à jeter
Mais je ne veux pas
Faire ça avec ceux que j’aime.
Je veux une famille
Même si elle ne correspond pas aux clichés
Amis, colocataires, relations libres, mariages arrangés, intérêts partagés
Qu’importe !

Je veux une vraie famille
C’est-à-dire des gens à qui m’accrocher
Et que je peux épauler
Et surtout
Être ensemble
Rigoler
Se disputer
Chercher des solutions
Débattre
Crier
Râler
Se réconcilier
Se cajoler
Se faire plaisir
Et surtout jamais se séparer

En suis-je capable ?
Est-ce que je vais encore devoir essayer
Et me planter comme les autres fois…
La survie, ce n’est pas pour moi.

Peut-être que c’est comme la musique
Pour qu’elle soit belle,
Il faut s’appliquer
La laisser vivre
Faire corps avec l’instrument
Faire plaisir
Exprimer ses émotions
Et les rendre, toutes belles,
Même les plus sombres
La répétition est formatrice
Les conseils doivent être ressentis
Puis il faut faire à sa sauce
S’émanciper de soi-même
Prendre une autre forme
Pour mieux s’ouvrir aux autres
Jouer mal au début
Casser les oreilles des quatre murs
Puis à force de s’entraîner
Ça devient bon.

Je veux pouvoir partager cette joie que je n’ai pas encore
Et ne plus pouvoir me passer de ceux que je n’ai pas encore trouvés.
Je veux vivre.
Je ne laisserai pas tomber
Je trouverai mon conte de fée
Je serai débutant
Toujours débutant

Aurianne Or


‪Thunderstruck for Percussion Ensemble Alumnado PercuFest 2014 dirigido por Rafa Navarro: https://youtu.be/SYSxOj6W7IQ 


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