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Une vie simple respectueuse de la nature

Une vie simple respectueuse de la nature

L’idée ne date pas d’hier.

Diogène de Sinope et François d’Assise prônaient tous deux une vie simple et respectueuse de la nature et tous deux défiaient les puissants. Ils ne craignaient pas la pauvreté alors qu’ils ont tous deux été élevés dans le confort.

Diogène était le fils d’un trapéziste. La fonction de trapéziste comportait la charge de superviser les changes entre monnaies locales et monnaies étrangères. Il gagnait bien sa vie. Mais il a été accusé de falsifier la monnaie et a été jeté en prison. Diogène a été contraint de fuir à Athènes. A ce moment-là, Diogène expérimente le déracinement et le dénuement. Vers la fin des années 340 av. J.-C., Diogène a été réduit en esclavage puis a été affranchi.

Diogène ne subsistait que grâce aux dons de ses amis, auditeurs ou mécènes. Son but n’était autre que de devenir le plus libre et auto-suffisant (αὐτάρκης / autárkēs) possible en s’affranchissant du superflu et en restreignant toujours plus sa dépendance des biens matériels. L’activité principale du Diogène paraît avoir été le harcèlement éthique de ses contemporains, pratiqué sur la place publique et dans les lieux fréquentés. « Il se moquait de la noblesse, de la gloire et de toutes les distinctions analogues, qu’il appelait les ornements du vice » (Politeia de Zénon de Kition). Il condamnait le goût du luxe. Il voulait se rapprocher de la nature et il vivait, disait-il comme un chien. Son mode de vie simple et sans artifices était également une façon de respecter la nature et les êtres vivants.

Diogène adoptait un mode de vie extrêmement simple, se contentant de ce qu’il jugeait nécessaire pour survivre. Contrairement à l’image d’un ascète qui se prive délibérément de tout, Diogène avait une vision plus pragmatique de la pauvreté. Pour Diogène, la pauvreté n’était pas un objectif en soi, mais plutôt un moyen d’atteindre une forme de liberté et d’autonomie.  En se débarrassant des possessions matérielles, il pensait pouvoir se libérer des influences extérieures, des pressions sociales et des artifices qui entravaient son esprit. Diogène considérait que la richesse et les biens matériels étaient de véritables fardeaux, car ils créaient une dépendance envers les autres et favorisaient l’orgueil et l’avidité. Diogène ne rejettait pas nécessairement tous les biens, mais plutôt ceux qu’il considérait comme inutiles ou symboliques. Pour lui, le vrai bonheur ne réside pas dans la possession matérielle mais dans la vertu et la sagesse.

Diogène de Sinope, le chien royal (- 413 à – 327 av. J.C.) – France Culture: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/une-vie-une-oeuvre/diogene-de-sinope-le-chien-royal-413-a-327-av-jc-4671115

Diogène de Sinope – Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Diog%C3%A8ne_de_Sinope

Contrairement à Diogène qui était athée, François d’Assise voyait dans la nature une manifestation de Dieu.

François d’Assise était le fils d’un riche marchand de tissus en Ombrie. Son père n’était pas producteur de drap, mais revendeur, allant chercher ses étoffes dans les zones de production ou d’échange. Sa richesse était constituée d’argent en numéraire placé ou prêté à intérêt, et des revenus de terres situées dans le contado et surtout de maisons dans la ville même d’Assise. De retour de son voyage en France, où il a fait de très bonnes affaires et en hommage à ce pays, son père lui donne le nom de Francesco (François en italien). Mais François ne partage pas l’élan de son père. Il voit que les tissus sont teintés avec des produits dommageables à la nature. Plus tard, il préconisera le port d’une robe simple en lin et non teintée serrée avec une corde plutôt qu’un ceinture en cuir.

Il a quitté l’école à 14 ans et a secondé son père. Il était considéré comme un habile négociateur. Son métier l’a amené à entrer en relation avec la noblesse de sa commune, et ses grandes dépenses attestent qu’il cherche à en adopter le mode de vie. Il veut alors devenir chevalier. La défaite des Assisiates à Ponte San Giovanni, en novembre 1202 est pour lui suivie d’une année d’emprisonnement. Malade durant sa captivité, son père paie pour le libérer. Il garde cependant une santé fragile. Il se convertit.

La longue maladie qui immobilise François une grande partie de l’année 1204 a pu favoriser son passage progressif des valeurs chevaleresques à un programme de vie fondé sur l’Évangile. Deux des vertus essentielles dictées par la courtoisie sont pratiquées par François avant et après sa conversion: la générosité fastueuse (largesse dans les aumônes aux pauvres, aux lépreux et aux prêtres) et la joie. François est alors imprégné par la notion de miséricorde qu’il a reçue des mouvements religieux laïcs de son époque, nouvelle sensibilité à la souffrance et à la déchéance d’autrui.

Furieux des excentricités de son fils, Pietro Bernardone exige qu’il lui rende des comptes, et ne craint pas de l’assigner en justice pour le déshériter.
À l’issue de ce procès au tribunal de l’évêque d’Assise, François rompt la relation avec son père. François rend l’argent qui lui reste, ainsi que, symboliquement, ses vêtements. Il va alors se placer sous la protection de l’évêque Guido, qui l’enveloppe de sa cape, pour signifier que l’Église le prend sous sa juridiction, et reconnaît en lui désormais un religieux, au sens juridique du terme. En sortant ainsi du monde, François rompt non seulement avec sa famille, mais aussi avec la commune d’Assise, qui garantissait les droits de ses habitants.

Pour lui, la nature est l’oeuvre de Dieu. Il se contentait des besoins essentiels (nourriture, abri) offerts par Dieu, sans rechercher le luxe ou les biens matériels. En se désintéressant des biens matériels, il libère son cœur et son esprit, les rendant plus réceptifs à l’amour divin.

La pauvreté de François est nourrie par une profonde empathie envers ceux qui sont dans le besoin. Il se met à leur place, partage leurs souffrances et cherche activement à les aider, qu’il s’agisse des plus démunis ou des malades. Cette compassion le pousse à vivre une vie désintéressée, centrée sur le service aux autres. L’amour, la miséricorde et le don le motivent plutôt que les richesses matérielles et le pouvoir. La pauvreté de François d’Assise n’est pas un état passif, mais une prise de décision active qui transforme sa façon de voir le monde et de vivre. 

Pour lui, la pauvreté, l’écologie et la paix sont liés. Il invite à aimer toutes les créatures et considère qu’il n’y a pas de supériorité de l’homme. Il rejette les machines.

800 ans de Saint François d’Assise : en quoi reste-t-il révolutionnaire ?– France Culture: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/800-ans-de-saint-francois-d-assises-en-quoi-reste-t-il-revolutionnaire-9172546

François d’Assise – Wikipedia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_d%27Assise

Diogène de Sinope et François d’Assise vivaient à une époque où les puissants monnayaient leurs faveurs. Pour obtenir des faveurs, un statut social ou des biens matériels, il fallait les flatter et faire ce qu’ils voulaient. En s’affranchissant des biens matériels, Diogène de Sinope et François d’Assise s’affranchissaient de devoir servir ces puissants et gagnaient ainsi en liberté.

Ils ont développé leurs pensées pour aider leurs contemporains. Les Athéniens contemporains de Diogène subissaient le règne barbare des Macédoniens qui n’accordaient aucune valeur à la science et à la civilisation grecque. Certains athéniens se sont même jetés à la mer. Les Macédoniens se comportaient comme des seigneurs féodaux: concentration des pouvoir sur un seul décideur, absence de lois. Pareillement, les Italiens contemporains de François souffraient de l’accumulation de ressources par quelques marchands qui laissaient tous les autres démunis. Les deux penseurs aident ceux qui doivent se passer de superflu à mieux le vivre en rappelant qu’il faut se focaliser sur ce qui est essentiel et ne pas se disperser afin de garder sa liberté, sa civilisation, ses valeurs et sa joie. Ils rappellent que ce qui a été perdu n’était pas si important.

Dans la pièce de William Shakespeare Le roi Lear, quand le Roi Lear perd le confort et le statut de roi et qu’il se retrouve sans ressources dans la nature, il comprend l’importance de l’amour véritable de Cordelia, sa fille et fait preuve de compassion en se mettant à la place de ses sujets. Il comprend combien il s’est fait duper par des flatteries.

Le cas de Diogène de Sinope, François d’Assise et du roi Lear (même si ce dernier est fictif) sont extrêmes mais on peut en retenir des enseignements.

Le retour de Donald Trump au pouvoir fait qu’une démocratie vielle de 250 ans se retrouve dans une situation où les citoyens n’ont plu leur mot à dire et où seul le président décide. Les lois sont régulièrement bafouées. Pour obtenir ce qui était autrefois acquis, il faut plaire au président. Du fait de la guerre en Iran, outre les personnes tuées ou bléssées et les destructions, le prix du carburant a explosé ce qui fait que la population mondiale doit faire face à une hausse des prix sans hausse de revenus. De plus, les chantages aux taxes douanières pratiqués par Trump détruisent plein d’emplois dans le monde.

Récemment, en occident, le niveau de vie moyen s’est réduit: moins de voyages, moins de loisirs, moins d’électronique, moins de robots ménagers, etc. Ce sont des articles superflus mais beaucoup de personnes vivent mal cette baisse de qualité de vie.

Acheter du superflu réduit le budget pour ce qui est essentiel: alimentation, sécurité, logement, santé.

Par exemple, une voiture rend le service de nous déplacer quelque soit son niveau de luxe. Sa fiabilité, le choix des matériaux et sa consommation d’essence sont en revanche à considérer car elles ont un impact sur l’environnement. Bien sûr, sa sécurité compte beaucoup également.

Un article neuf ou un article d’occasion, surtout s’il a été peu utilisé, rendent le même service. Acheter d’occasion permet de diminuer la production de neuf, qui est une grosse source de pollution.

Ne pas s’encombrer de gadgets et se centrer sur ce qui est vraiment utile est également efficace contre la pollution due à la surconsommation de biens neufs. De plus, en ayant moins d’affaires, le rangement et le ménage sont plus faciles à faire et cela libère de la place.

Les puissants sont toujours de nos jours ceux qui vivent dans l’opulence et qui détériorent la nature le plus.

Aurianne Or by Aurianne Or is licensed under CC BY-NC 4.0